Poemes for???
Here's a little taste of what i write. Lots more content to come.
Desperation is boring
Desperation is boring
Desperation is routine
But not "i-m trying" routine
Not "we'll get through this" routine
Not "are you OK" routine
Desperation is i eat just enough so I can clock in and out of work
Tell me
Tell me about hope
About anger
About moving
About building
They don't believe in anything
- we do
as long as we have each other's skin
and this hunger in our bellies
as long as there's stories to tell
(there's always a story to tell)
Give me a future worth fighting for
Give me fuck you,
give me everything
or nothing at all
Dooming is boring
It does nothing
you're not any better because you're aware
let's do something
let's do it together
please
desperation is boring
Paris
The wave came
i welcomed it
fighting only serves to lose
control ain't the answer
let it come, let it go
toulouse turned into paris
that's a fun name for my depression
Paris.
Would that make anxiety Rome?
The wave came
and so did the tears.
i didn't use to have tears
i am stuck in the basement, under the blanket, on my computer
everywhere i am stuck
waiting
let the waves come
i know the wave is going to leave
i just don't know when
goodbye, Paris
See you soon.
Rainy Days
My father used to believe that i only loved the rain
Because i was depressed
"it's comforting for you to see the skies crying too"
Oh dad
How wrong you are
rainy days means you are home
And we're playing monopoly
rainy days mean we get to stay
Under the blankets
Looney tones playing in the background
And french toast warming our bellies
J'écris beaucoup en français, beaucoup plus qu'avant. Pour une langue à laquelle j'ai été longtemps déconnectée, le deuxième coup de foudre a été bien plus profond que le premier. Je vais alimenter cette page au fur et à mesure, mais des poèmes beaucoup plus courts et thématique sont dispo sur SPR-Paris.
la flemme est une fatigue de frixion
ma flemme sens bon la peinture, les olives à la grecque et le sirop de citron sans sucre
ma flemme, elle est détaillée, elle sonne comme une conversation de fond sur la dernière absurdité terrible de retaillau, sur la secte aum ou l'origine du mouvement Q anon
ma flemme, elle est décorée de spots de lumières dans une pièce sombre
Elle a des boutons à pression, elle est souple et lisse au toucher, elle pique aussi un peu, parfois.
ma flemme elle goûte le curry et le paprika fumé, elle embaume la bouche de la sauce soja du fuji market, elle se finit sur une part généreuse de fromage premier prix
la flemme de ma mère,
la flemme de ma mère c'est une soupe dans une tasse et un yaourt
c'est une couverture et Amadeus qui miaule pour sortir
la flemme de ma mère elle est rare
parce que ma mère c'est une mère donc elle gère - le travail la maison l'argent, la nourriture la vaisselle les économies, la pelouse et les croquettes
la flemme de mon père
la flemme de mon père c'est une boîte de cassoulet réchauffée à la casserole
la flemme de mon père c'est l'odeur de tous les jours, c'est le tabac à pipe qui sent toujours aussi bon même après l'arrêt
la flemme de mon père elle est rare
y'a sa dépression et y'a l'action
et y'a peut-être les pauses pour fumer qui durent drôlement longtemps
la flemme de mon frère,
de ma grand-mère,
de...
la flemme de...
la flemme de mon ex...
la flemme
ma flemme,
ma flemme je la confonds souvent
je dis flemme
pour pas dire
dysfonction exécutive
ou burn out
alors je dis flemme
goût curry et paprika fumé
et ma mère boit sa soupe,
et mon père fume sa pipe
et c'est flemme
ce que nous sommes, ce que nous voulons être
0 - Notice en triptyque
Le chalet :: L'Islande :: La R19
Ce qui nous construit entoure ce qui nous répare.
(Maintenant)
La penderie pue le renfermé, la poussière. Les habits sont imprégnés de l'armagnac de pépé, et du petrichor sous 35 degrés en été. C'est terrible, c'est magnifique : les odeurs qu'on transporte, qui collent à la peau. La sueur trahit tout. Elle raconte nos peines, nos hontes, elle raconte nos vies et nos débats. La sueur est une balance, comme les vêtements, qui puent le renfermé, la poussière, etcetera.
Les vêtements disent : ça vient du trou du cul du monde, ça chante trop fort quand ça boit, et pas très bien. Les vêtements crient : ça sort d'une grande école mais ça sort plus encore d'une grande bâtisse qui se meurt. Les vêtements susurrent : ça va continuer à se battre et c'est pas joli, mais se battre c'est rester en vie.
Les vêtements sont raccommodés à l'infini, car ici seul le pot de basilic sait mourir.
(Promis)
À quarante ans peut-être. À quarante ans peut-être la montagne. Le pain sera chaud du matin, et la boulangère reconnaîtra la commande au ronron de la bagnole qui se gare, et les légumes auront poussé au pied du village. Nos corps seront fatigués d'avoir trop travaillé - le bois à ranger, la pelouse, le jardin. La fatigue sera bonne, elle dira que nos muscles fonctionnent encore, que nos articulations n'auront pas eu raison de nous.
Nos rêves sont des plans d'attaque.
(Prière païenne)
Exorciser la honte ; car la honte est imposée. Elle n'est pas organique, elle est injonction. Exorciser la honte de nos mains et nos langues, nos mains abruptes et nos langues aiguisées, nos mains calleuses et nos langues couvertes de savon. Exorciser la honte comme acte de communauté, comme pardon collectif, comme “le culte de la perfection est l'enfant du capitalisme”, comme demain encore nos mains et nos langues continueront à se heurter, et ce n'est pas grave, tant que nous continuerons de tenter, d'échouer, de ensemble, de nous.
Exorciser la honte, et prendre fierté. Des cals et du verbe.
(Ce que nous sommes, ce que nous voulons être)
Les loups sont des animaux communautaires, bien que souvent considérés comme solitaires dans l'imaginaire collectif.
Les loups ont beaucoup d'humour, et choisissent leurs familles et leurs liens avec soin. Les loups construisent Rome et terrifient Henri IV, les loups vénèrent la lune et sont ami·es des corbeaux, les loups prennent soin les uns des autres. Iels parcourent la montagne, se racontent des histoires autour du feu de bois, quand les petiot·es sont couché·es, et que les lèvres se délient. Iels font le détour pour un bonjour et un café, iels prennent le temps de donner soin, iels savent l'odeur du pin, et celle de la poudre.
Les loups disent “meute”, les orques disent “pod”, nous disons “familles choisies”.